mercredi 7 novembre 2012

Chili, l'archipel San Fernandez une fable du néolibéralisme ?

Comment une fable chilienne a pu servir la pensée néolibérale ?

 L’archipel de San Fernandez et la construction d’une fable

Par Libres Amériques

Difficile de savoir si c’est le fait du hasard, mais le Chili a en quelque sorte fait la promotion d’une histoire qui pourrait sembler loufoque et trouve un lien étroit avec les thèses néolibérales de la dictature d'Augusto Pinochet. En quoi ce petit archipel de trois îles va devenir l’objet d’une attention particulière, notamment en raison du roman Robin Crusoé, mais pas seulement, la dogmatique du néolibéralisme y à puiser ses sources ?


Mais surtout pour raison que le Chili  (de l'époque colonial) décida d’y mettre un troupeau de chêvres sur une des trois îles et d’en faire une réserve de nourriture pour ses marins.  Plus tard, il fut décidé à cause de l’expansion des caprins, d’amener des prédateurs, du coup un auteur anglais s’empara de l’histoire pour en construire une pseudo théorie sur l’évolution des espèces. 

En 1786, Joseph Townsend situe sur ces iles une fable où des chiens et des chèvres déposées par JuanFernández entrent en compétition pour la nourriture. Cette fable lui sert à arguer, dans le débat pour l'abolition des poor laws qui a lieu en Angleterre à cette époque, que les “lois de la nature”, ou les rapports “naturels” entre différentes populations ou classes sociales suffisent à créer spontanément un équilibre où chacun trouve son compte. (Wikipedia)

Une histoire cousue de fil blanc, et qui a pu servir à des travaux "scientifiques" au 19° siècle. Sur Wikipedia, l’on présume que Darwin s’en serait inspiré, quand il s’agit, ni plus ni moins, de ce que l’on pourrait appeler l’héritage d’un « darwinisme social » et n’ayant pas grand-chose à voir avec la question de l’évolution des espèces, au fil de ses évolutions scientifiques, sauf peut être à ce qui se réfère à la pensée néolibérale et ses instincts grégaires ?  
 
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L’auteur de la fable, ne mis jamais les pieds sur l’île et il va avoir au 20° siècle une résonance particulière. Comment un économiste autrichien et prix Nobel en 1974 d’économie, Friedrich Hayek a pu s’inspirer de cette histoire ? Et Hayek est en quelque sorte le mentor du théoricien le plus connu et âme damnée de néolibéralisme, Milton Friedman, de l’école de Chicago, ou ce que l’on appelle les Chicago Boy’s.


Nous vous invitons à écouter,  Philippe Chapuis, réalisateur du documentaire, Extinction des lumières, qui a travaillé sur cet aspect du néolibéralisme, à travers la construction d’une fable, ci-après :


video 
Radio Libertaire, le 27 octobre 2012


Extinction des lumières de Philippe Chapuis France, Documentaire, 2008.

Réalisation, scénario Philippe Chapuis, Image Philippe Chapuis, Claire Mathon, son Olivier Fouquet, Jean-Marc Chouvel, Eugénie Deplus, Montage Philippe Chapuis, Musique Jean-Marc Chouvel, Production Château-Rouge Productions

Synopsis : En 1944, l’économiste et idéologue Friedrich Hayek, synthétise les bases de ce que l’on nomme aujourd’hui néolibéralisme. Il est alors très isolé. Soixante ans plus tard, ses idées sont devenues dominantes et forment le socle politique de la plupart des états de la planète. Le film esquisse, dans une forme très libre, une déconstruction de la rhétorique néolibérale en tentant d’identifier le message lui-même, la mythologie sur laquelle il repose, et de montrer comment ce message est relayé et diffusé, et comment il parvient, in fine, à transformer réellement les individus et la société.
 
LE RéALISAtEuR : Scénariste et cinéaste, Philippe Chapuis collabore épisodiquement à des revues de cinéma et travaille comme analyste de scénario et conseiller à la réécriture pour diverses productions dont StudioCanal, Wild Bunch, Quad Production, etc.    Il est l’auteur d’Antoine travaille (Grand Prix Angers 2002 et Jameson Award Brest 2002), du scénario Apokalypsis (Trophée du Premier Scénario CNC en 2002). Il travaille actuellement à l’écriture d’un long métrage (Arcanes). Il a également co-écrit avec Frédéric Dalmasso, un téléfilm intitulé En Lisière / La Trêve (Trophée du Premier Scénario /Aide à la réécriture du CNC).


Sources : 
Altermedia.org - Wikipedia
Tribuna latinoamericana - Radio Libertaire