lundi 18 février 2013

Equateur, large victoire de Rafael Correa à la présidentielle

Victoire nette
de Rafael Correa,
réélu président
de la République d’Equateur

Par Libres Amériques

Avec environ 56% des voix, l’élection prévue sur deux tours n’en connaîtra qu’un seul. L’Equateur était une des nations les plus instables politiquement de la région et depuis l’arrivée de cet économiste à la tête des institutions en janvier 2007 et le changement de constitution, ce pays connaît enfin une stabilité qui lui faisait défaut. De plus, le parti Alianza Pais du président a remporté la majorité des sièges à l’assemblée.

Une large victoire pour ce 17 février 2013, si l’on tient compte du résultat des adversaires du président réélu, à l’exemple de son premier opposant Guillermo Lasso, néo-libéral, banquier et membre de l’Opus Dei, que l’on retrouve loin derrière avec 24% des voix. Les autres candidats faisant des résultats les situant à moins de 10% des votes, dont l’ancien président Lucio Gutiérrez, avec un peu plus de 5%.


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Euronews - 18/02/2013


Croissance, pauvreté en diminution, la ré-élection de Correa n’est pas le fruit du hasard  

Contrairement à d’autres pays vivant actuellement un ralentissement économique, l’Equateur avec un peu plus de 4% de croissance en 2012, et à l’exemple du Venezuela et de la Bolivie, Correa a su organiser des politiques en directions des plus pauvres et une meilleure redistribution des richesses grâce aux revenus des mines et des hydrocarbures.

Le président équatorien est probablement le plus habile du trio de la gauche « radicale » en Amérique du Sud. Mais il est indéniable qu’il existe des similitudes avec ce qu’a pu faire Chavez. Elaboration d’une nouvelle constitution, plans de santé et d’éducation, …, sont des logiques assez similaires et qui ont répondu à des urgences sociales, qui jusqu’alors n’avait pas pu avoir lieu en Equateur ou en Bolivie. Rien de très étonnant que l’une des premières des déclarations de Rafael Correa fut dédié à Hugo Chavez.

Pareillement à son homologue bolivien, Evo Morales, Correa a su attirer les populations d’origine amérindienne, qui représentent environ 40% des habitants, dont 6% des Equatoriens se désignant comme « indigènes ». Pour autant les relations n’ont pas toujours été au beau fixe avec les communautés autochtones et certaines organisations ont même combattu des mesures du gouvernement mettant en péril les écosystèmes locaux.

Comme chez ses voisins andins, l’Equateur n’échappe pas à l’extractivisme et à d’importants projets miniers. Toutefois, certaines mesures écologistes sont venus renforcer l’arsenal juridique du pays face à certaines volontés prédatrices ou simplement en faveur d’une meilleure protection de l’environnement.

Ce qui distingue Correa, du président vénézuélien est probablement son aspect plus technocratique, plus froid en apparence, bien que celui-ci aime tout autant les bains foules et s’adresser à de larges auditoires. Si le président équatorien peut sembler plus discret, c’est qu’il est aussi moins connu, et en dehors de la presse hispanophone, la presse francophone est plutôt absente, et les articles sont rares pouvant aider à suivre ou comprendre ce petit pays des Andes.

Les 5 faits ou événements marquant de sa présidence de 2007 à 2012 auront été :

- sa décision de ne plus avoir de base militaire étasunienne sur le sol équatorien ;
- d’avoir préserver une partie de la région amazonienne de nouvelles productions pétrolières ;
- d’avoir su rétablir de bonnes relations avec son homologue colombien, Manuel Santos ;
- d’avoir accordé sa protection à Julian Assange au sein de l’ambassade de l’Equateur à Londres ;
- et d’avoir réchapper à un complot d’opérette, qui a tenté de le destituer en 2010. 


A presque 50 ans, qu’il aura en avril 2013, le président Correa avec une telle légitimité, est probablement amener à faire parler de lui un peu plus. S’il sait tenir tête, il est aussi plus consensuel et plus à l’image d’un président « normal ».

Avec un bilan économique et social tout à fait respectable, une des chances et peut être raison de cette réussite, c’est s’avoir pu trouver ce qui a manqué au Venezuela et en Bolivie, c’est-à-dire des cadres et des techniciens, des technocrates plus aguerrit à la gestion d’un état moderne. 

En soit, sa formation d’économiste semble l’atout de Rafael Correa. Ni vraiment dirigiste, ni vraiment néo-libéral, son choix d’une redistribution plus équitable fait de lui un pragmatique et un politique à suivre…

Comme c’est l’usuel dans ce genre de circonstance, Rafael Correa a reçu les félicitations de nombreux chefs d’état, dont celles du président étasunien Barak Obama. 

Résultats complets
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